C'était l'une des grandes promesses de campagne du candidat Nicolas Sarkozy : "Que 95% des Français soient exonérés des droits de succession". La loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat, dite "paquet fiscal", publiée au Journal Officiel du 22 août 2007, prévoit en effet toute une série de mesures, qui suppriment ou allègent significativement les droits de succession actuellement en vigueur.
Le recours à un notaire est obligatoire lors d'une succession dans la seule mesure où les conventions de transmissions de propriété qu'il authentifie, comprennent des biens immobiliers. Ces conventions de transmissions peuvent être des ventes, donations et successions.
L'héritier peut se passer d'un notaire si la succession ne comprend pas de biens immobiliers, s'il n'y a pas de testament, en l'absence de donation, et en l'absence de contrat de mariage.
Celui qui accepte une succession reçoit tout ou partie des biens du défunt. Mais, il doit également supporter tous les frais de la succession, et payer toutes les dettes que le défunt aurait laissées. C'est pourquoi personne ne peut être obligé d'accepter une succession.
Par exemple, si les héritiers savent que la succession est largement déficitaire, ils peuvent renoncer à la succession. Ils ne devront payer aucune dette, mais, ne pourront recevoir aucun bien du défunt. Ou encore, si les héritiers ne savent pas exactement de quoi se compose la succession. Pour ne pas prendre de risque, ils pourront l'accepter sous bénéfice d'inventaire. L'inventaire qui sera dressé révélera si la succession est positive ou négative.
Les nouveautés de la loi d'août 2007 :
- Disparition des droits de succession entre les conjoints et les partenaires de PACS
Le conjoint survivant et le partenaire d'un PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Avant la réforme, le premier bénéficiait d'un abattement de 76.000€ , au-delà duquel il acquittait des droits allant de 5% à 40% et le second, d'un abattement de 57.000€ avant le paiement de droits de 40% ou de 50%. A noter que le régime des personnes pacsées est désormais totalement aligné sur celui des personnes mariées.
- L'exonération des droits de succession est étendue à certains frères et soeurs
L'exonération des droits de succession est étendue aux frères et soeurs, célibataires, veufs, divorcés ou séparés de corps, à la double condition qu'ils soient au moment de l'ouverture de la succession :
âgés de plus de 50 ans ou atteint d'une infirmité les mettant dans l'impossibilité de subvenir par leur travail aux nécessités de l'existence,
et qu'ils aient été constamment domiciliés avec le défunt pendant les cinq années ayant précédés le décès.
- L'abattement applicable entre parents et enfants passe de 50.000 à 150.000 euros
L'abattement applicable aux enfants du défunt - et au-delà duquel ils payent des droits de succession -, est triplé, passant de 50.000 à 150.000 euros par personne. Cette nouvelle règle s'applique pour toutes les transmissions en ligne directe c'est-à-dire également quand des parents héritent de leurs enfants.
- Triplement de l'abattement applicable entre frères et soeurs
L'abattement applicable entre frères et soeurs est lui aussi triplé, passant de 5.000 euros à 15.000 euros.
- Majoration de l'abattement en faveur des neveux et nièces
L'abattement au profit des neveux et nièces passe de 5.000 euros à 7.500 euros.
- Triplement de l'abattement en faveur des personnes handicapées
Avant l'entrée en vigueur de la réforme, les handicapés physiques ou mentaux avaient droit à un abattement spécifique de 50.000 euros, qui s'ajoutait le cas échéant, à celui dont ils pouvaient bénéficier en raison de leur lien de parenté avec le défunt (conjoint, ascendant, descendant, etc.). Cet abattement spécifique et lié au handicap, passe de 50.000 euros à 150.000 euros.
- L'abattement général de 50.000 euros est supprimé
Avant la réforme, un abattement global de 50.000 euros était appliqué à l'ouverture de chaque succession, si les héritiers étaient des enfants, des ascendants ou le conjoint survivant. Il se répartissait entre ses différentes personnes au prorata de leurs droits respectifs dans la succession et avant application de leur abattement personnel. Aujourd'hui, les abattements individuels de ces différentes personnes ont été significativement augmentés, d'où, dans un souci de simplification, la suppression de l'abattement général de 50.000 euros.
- L'indexation des tranches et barèmes en fonction de l'inflation
Les tranches et barèmes seront indexés chaque année en fonction de l'inflation. C'est un bon point pour les particuliers, qui profiteront d'abattements plus élevés chaque année.
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